Le 27 janvier 2012
Le philosophe Bernard Stiegler publie deux nouveaux ouvrages.
Bernard Stiegler a publié le 25 janiver, "L'Ecole, le numérique et la société qui vient", en collaboration avec Denis Kambouchner et Philippe Meirieu, au éditions Fayard.
Que reste-t-il de la querelle scolaire et du vieux clivage entre « pédagogues » et « républicains » ? Partis de convictions très divergentes, Denis Kambouchner et Philippe Meirieu font aujourd'hui, avec Bernard Stiegler, le constat que les termes dans lesquels se posa cette querelle ont perdu de leur acuité dans le contexte de la vaste mutation engendrée par les nouvelles technologies. Ces nouvelles technologies créent les conditions d'une démocratisation inespérée de l'accès au savoir ; mais en même temps, associées à un consumérisme effréné et à un marketing intrusif, elles apparaissent comme les vecteurs d'un système toujours plus perfectionné de captation des esprits. Une telle évolution met à mal les équilibres fondamentaux de l'éducation scolaire. Surtout, l'école n'est pas armée pour penser cette mutation : ni pour remédier à ses effets les plus perturbants, ni pour s'assurer la maîtrise et l'usage effectif des potentialités qui lui sont liées. Il y a urgence. Plus que jamais les esprits ont besoin d'une solide formation du jugement, de méthodes et de repères que seule l'école peut, à l'échelle d'une société, enseigner. Au fil de leur conversation, les trois interlocuteurs s'entendent pleinement sur l'importance de réaffirmer une haute ambition pour l'école.
De plus, Bernard Stiegler a également publié dernièrement "Etats de choc - Bêtise et savoir au XXIe siècle", aux éditions Mille et une nuits.
L'impression que la déraison domine désormais les hommes accable chacun d'entre nous. Que la rationalisation qui caractérise les sociétés industrielles conduise à la régression de la raison (comme bêtise ou comme folie), ce n'est pas une question nouvelle : Theodor Adorno et Max Horkheimer nous en avertissaient déjà en 1944 - au moment où Karl Polanyi publiait La Grande Transformation.
Cette question a cependant été abandonnée, tandis qu'au tournant des années 1980, la rationalisation de toute activité, rapportée au seul critère de la «performance», était systématiquement et aveuglément orchestrée par la «révolution conservatrice» - imposant le règne de la bêtise et de l'incurie.
Tout en mettant en évidence les limites de la philosophie qui inspirait l'École de Francfort, le post-structuralisme laisse aujourd'hui ses héritiers désarmés devant ce qui s'impose comme une guerre économique planétaire et extrêmement ravageuse.
Naomi Klein a soutenu que la théorie et la pratique ultralibérales inspirées de Milton Friedman reposaient sur une "stratégie du choc". L'état de choc» permanent règne cependant depuis le début de la révolution industrielle – et plus encore depuis le temps où s'applique ce que Joseph Schumpeter décrivit comme une «destruction créatrice», caractéristique du modèle consumériste.
À partir des années 1980, sous l'impulsion de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, l'état de choc technologique a été suscité par un marketing planétaire ne rencontrant plus aucune limite, imposant la prolétarisation généralisée, et détruisant l'économie libidinale : ainsi s'est installé le capitalisme pulsionnel où la destruction créatrice est devenue une destruction du monde.
L'état de choc est ce que le post-structuralisme n'aura pas pensé, principalement en raison de deux malentendus : 1. quant au sens de la prolétarisation (que Marx pense avant tout comme une perte de savoir induite par un choc machinique), 2. quant à la nature de l'économie libidinale (au sein de laquelle Freud, à partir de 1920, distingue la libido de la pulsion).

Consultant pour les Nuls, de Ralph Hababou.

François de Closets primé pour son ouvrage L'échéance.


René Villemure, spécialiste de l'éthique sera en France jusqu'à mi-mars.
